:: nice girls don't finish last ::

vendredi, juillet 07, 2006

grown-ups are obsolete 


les exams sont derrière, le taff est devant, assez loin des deux pour aspirer momentanément à une vie d'équilibre parfait, entre plaisirs malsains et totale légèreté. une vie presque sans barrières horaires, à peine celles des soirs de matchs, des ouvertures et fermetures de bars ou magasins, de quand la lumière du soleil vient te tirer du lit. le matin, inondation de lumière déjà forte sous les volets, forcement déjà de bonne humeur, prendre son temps, s'étirer sur ton balcon. vers 14h, sous les assauts de l'air brûlant, se réunir autour des points d'eau. centre nautique, gravière, la piscine gonflable de ta petite sœur. tu sais, partir en troupeau de dix, serviette jetée sur l'épaule, des bikinis fluos sous des robes noires, le bruit des tongs qui claquent sur le bitume incandescent. le coton éponge moelleux d'une serviette, le lycra moulant d'un maillot de bain. sieste. pendant ce temps je rattrape un rythme de lecture acceptable, mais uniquement de la sf française des années 50 et beaucoup de 'chick-lit'. des trucs light, frais, pas prisedetête. puis les autres se réveillent un à un, poussent des soupirs puis des cris déjà. mojito. sorbet. granité. le jus de cette pastèque que tu regardes couler doucement le long de ses doigts puis de son avant-bras. le temps s'arrête quatre délicieuses secondes. et repart. concours de crachats de noyaux de cerises. celui qui tient le plus longtemps sous l'eau. le soleil modèle des nettes traces de lumières sur nos corps paresseux. on est en vacances, on est bronzés, on est fous. d'autres jours, c'est la course aux fringues, aux t-shirts sérigraphiés uniques, au jean parfait (encore porté introuvable à ce jour) le shopping sportif, des cabines d'essayage fournaise, mille et une questions, et les pieds qui s'échauffent. en cuir glacé ou en daim tout doux le sac à mains ? couleur menthe à l'eau ou imprimé graphique ce t-shirt ? on en est pas à une question futile près. plus tard c'est antipasti, l'apéro, tomates cerises, barbecue, champagne et glace pillée dans un gobelet en plastique blanc. on traîne. les soirs de match c'est virée à vingt devant l'écran géant. c'est cette panoplie de supporter, la même qu'à tes douze ans, quatre-vingt dix-huit remember, cette petite bouteille de vodka fraise dans ta main en moins. c'est laisser des traces tricolores sur son t-shirt quand tu te précipites innocemment dans ses bras à chaque ballon qui passe. c'est la main d'un inconnu aux yeux verts que tu presses dans la tienne pendant les tirs au but. fin de la semaine, le programme reste invariable. le temps de se changer encore une fois, de partir sur les routes le long du rhin dans des voitures pourries, on recrée atlanta dans des clubs plein à craquer. les filles bavent devant nos copains qui masterisent le pool palace en white tees sur un podium en verre lumineux mais personne ne snap ya fingaz ou shake dat laffy taffy aussi bien que mes copines et moi. certaines veulent copier, c'est bien tenté mais tu peux rentrer chez toi. on s'attarde sur les canapés en angle, on vide les bouteilles avec des pailles, on ne bouge plus que la tête, on a des conversations romantico-draguouille filles-garçons en tout petits comités, dans des endroits un peu sombres, des mots tendres sont échangés, séquence émotion, une promesse, regarde moi dans les yeux, il faut que tu me crois bébé. la fin est en général moins glamour. c'est la confusion, certains s'écroulent sous le poids de l'ivresse, dans des endroits et des positions improbables, d'autres trouvent des prétextes extraordinaires pour se battre contre des gens ou même des objets mais on en est plus à ça près. on s'allonge entre les draps dans une chambre aérée par un ventilateur retro, on a la tête emplies de flashbacks, un goût chaque fois différent sur la langue, le corps encore plein de cette chaleur emmagasinée. une évidence et des tracas, on se dit que dans peu de temps, très peu, il y aura nos noms à chercher sur des listes interminables, des boulots à reprendre avec l'air motivé, des formalités à accomplir de façon responsable, un futur sérieux à faire avancer. mais c'est encore loin tout ça, alors on sourpire, s'endort et on rêve.


[the dandy wharols - you were the last high]

[justice & t.i. - waters of nazareth (red foxx's justice edit)]

blondinette @6:28:00 AM


|



This page is powered by Blogger. Isn't yours?