:: nice girls don't finish last ::

mercredi, septembre 14, 2005

At least think about me 

C’est décidé, j’arrête. J’arrête d’être conne, de faire n’importe quoi, de vivre en errance. Ça doit bien faire 3 mois que je me suis sérieusement mise à déconner à ne pas penser aux autres pas même à moi juste à faire la folle tester des choses qui font du bien trouver des moyens d’oublier. Je crois que j’ai toujours eu cette prise de conscience pré-rentrée sauf qu’avant c’était du genre je trie tous mes papiers je m’achète des fringues pour frimer le premier jour et j’avance un peu mon réveil tous les jours. là, je suis l’antithèse d’une fille saine de corps et d’esprit, je suis sale brouillée je sens la déprime l’alcool la pluie et les soirées minables. avant, y a longtemps mais pas trop, j’étais le genre de fille que les mères de mes copines adorait parce que sérieuse, première de classe, une bonne fréquentation, une bonne influence, la gentillesse incarnée, une bonne tête d’innocente toute blonde. là, c’est intérieur, pas voyant, pas détectable tout de suite, mais je suis la fille ratée, celle qui a mal finit, qui a loupé sa chance, pourtant tu te souviens comme elle était bien quand elle était petite ? Là, il faut que je fasse le vide, que je rattrape le temps, que je redevienne vraiment une fille bien, l’étudiante modèle. Il faut que je réecoute radiohead, eels et des trucs à la guitare accoustique. Manger sainement, finir son assiette, de la cuisine créative, colorée, petites portions, la classe en plus. Regarder arte, les docu animaliers, les films en noir & blanc avec audrey hepburn. Réduire ma conso d’alcool et surtout de fumette. Ne plus combler les blancs de l'emploi du temps par des activités destructrices pour moi ou les autres. Des trucs nets, précis, programmé, des alarmes qui sonnent, des rendez-vous, des trucs à faire à telle heure tel jour et que je fais vraiment. Ne pas penser à des choses futiles (l'amour, sortir, lui, eux). Des fringues de fille sérieuse, sans trous, sans ourlet défait, avec des couleurs d’automne et les cheveux brillants, coupés nets. Récupérer les notions de délais, d’obligations, d’assiduité. Ne pas trop réfléchir, ne pas trop réfléchir.
(motivée mais sceptique, mais motivée)

C’est dingue mais il a lui aussi ce plug-in, sur msn, qui indique ce qu’il est en train d’écouter, même pas besoin de lui parler juste surveiller, et je trouve ça démentiel, d’abord parce que ça me permet de savoir ce qu’il écoute et ptet même d’écouter la même chose en même temps et parce que je le fait vraiment, je télécharge ce que je n’ai pas, je charge ce que j’ai, il a bon goût, il a vraiment vraiment bon goût et ça me soulage et je l’admire en sachant ça, et j’écoute en pensant à lui et à ce qu’il peut en penser au même moment et trouve ça génial ce lien intercosmique que je crée sans qu’il le sache, et c’est démentiel surtout parce que c’est complètement débile de ma part de faire des choses pareilles.


(pardonne moi, mais quand le temps est aussi moche, j'ai envie de pleurer sans m'arrêter, longtemps et chaudement et je me retiens à peine)

blondinette @12:14:00 AM


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lundi, septembre 05, 2005

Song For Kelly Huckaby 

Août est fini mais septembre est un joli mois aussi, dans un sens différent. J’ai avalé les livres comme on avale la vodka glacée en soirée suintante, sans compter sans s’arrêter avec la délectation d'une personne assoiffée d'ivresse. harry potter chuck palahniuk alice sebold fante selby jr. hubert nicolas rey les cartes de france et les guides de voyages pour ailleurs et n’importe où. Août nous aura quand même laissé un nouvel album des death cab, avec une pochette esthétique sombre et jolie mais anti-death cabienne à mon avis. L’album n’a pas encore assez tourné dans mes oreilles pour annuler l’opinion de base (qui est la suivante :c’est death cab for cutie, c’est donc très très très bien. Et très très très triste.) mais en vérité, c’est un peu moins mélancolique que d’habitude et donc presque un peu moins bien. Strasbourg recommence à se remplir d'étudiants surexcités et c’est chouette parce que stras l’été c’est un peu ghost city, à part le pavé brûlant et les vieux il n’y a rien. Fin août m’a aussi ramené le bâtard, je n’y pense que quand il s’avance vers moi assise en terrasse seule alors que les autres babyfootent derrière moi. Il s’approche, et je me rassure. je sais que je suis dans un jour avec, j’ai les cheveux plus blond pétasse que jamais qui me font des yeux plus bleu pétasse que jamais, je porte mon seul et unique t-shirt vert, vert est la couleur de l’espoir, espoir espoir espoir, c’est ça que je me répète alors qu’il se pose sur la chaise voisine. Je croyais l’avoir oublié, je voulais l’oublier, vraiment. Il est plus beau qu’avant, bronzé, détendu, peut-être encore plus maigre, souriant. Non-discussion habituelle, il finit mon verre, se renseigne vaguement sur mes plans de fin de semaine, se balance sur sa chaise, dresse la liste des filles de ses vacances avec un air de collectionneur blasé. Je ne dis rien, je le mange des yeux en me mangeant vraiment les lèvres. Et comme toujours, quand il a finit sa visite éclair, qu’il disparaît aussi vite qu’il est venu, avec juste un signe de la main, et que ça me laisse vaguement secouée et frustrée, je le hais profondément. Je veux le revoir vite.
En sortant du tram un type bizarre, un black avec des lunettes énormes et un t-shirt paris JO, il tend des tracts qui annoncent la fin du monde pour l’année prochaine. Pas en brayant comme un désespéré comme dans les films, mais très sereinement. Je lui demande vous y croyez vraiment ? et, placidement, il me répond "si tu me poses la question mademoiselle, c’est que toi aussi tu doutes".

blondinette @5:16:00 PM


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