:: nice girls don't finish last ::

mardi, juillet 26, 2005

Once again, my day was productive 

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listen to : [ Staind - So Far Away ]

blondinette @7:44:00 PM


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jeudi, juillet 21, 2005

Trip hop bureautique (alinéa) 

Déjà, quand ils m'ont fait commencer le taff un mercredi, milieu de semaine, ça aurait du me sembler louche je me serais méfiée si j'avais su.
Ils m'ont d'abord mise dans l'étage supérieur, service commercial, juste pour deux jours qu'ils ont dit, pour remplacer quelqu'un et après on te changera de service. Vague souvenir du bac éco et d'un chapitre sur la flexibilité des salariés, ok, soyons flexible je me dis, soyons flexible. Alors j'ai fait qu'hocher la tête et dire oui, ce que fait quelqu'un de flexible à mon avis. Le service commerciale, c'est six minets en cravate armani noire avec un forfait portable illimité et des petites amies toutes pareilles carré blond long et tailleur gucci noir avec forfait portable illimité. Tout ce p'tit monde fétichiste roule dans des voitures aux vitres teintés, fume des blondes extra-longues et se désaltère avec des mini bouteilles de San Pellegrino. Ils ont beau avoir en moyenne quatre ans à peine de plus que moi, ils m'ont vite fait remarquer qu'il existait ici une sorte de hiérarchie non-officielle et que moi et mes jeans trop larges moi et mes cheveux fouillis moi et mon cdd vacancière j'étais le bout du bout de la chaîne alimentaire. A partir de là tous les jours en prenant mes pauses, je suis allée vomir dans leurs toilettes de cadres immaculées. C'est venu tout seul, sans forcer, c'est devenu un rituel de purification. Juste après, reprendre de la matière, du contenu, un cappuccino une clope une gorgée d'eau fraîche un mentos. J'ai même jamais trop compris ce que je faisais là, personne ne m'a expliqué, je me suis figuré que parmi cinq minets il fallait bien une potiche, je remplissais ce rôle pas trop mal même si j'étais trop fifille aimable et pas assez salope froide pour coller dans l'ambiance. Je sais d'ailleurs toujours pas ce qu'on vend ici, un truc pour les entreprises, une solution, quelque chose qui les aide c'est tout ce que je j'ai saisis.

Le lundi d'après, on m'a fait descendre d'un étage, chez ceux qu'on appellera "les scientifiques" parce que ce sont eux les têtes qui mettent tout au point ici. Ici, il n'y a pas de minets. Il y a des anciens avec des chemises imprimées comme des nappes crépon qui dessinent des plans all night long. Il y a des pères de famille avec des photos de chiens et d'enfants blonds plein leurs bureaux qui partent en vacances à la Baule. Il y a des jeunes trentenaires, mais pas trop minets, pas trop stressés et pas trop stressants. Il y a quelques stagiaires la petite vingtaine style nerd socialisé mais pas trop qui cachent mal leur excitation à voir une fille dans les bureaux. Une "fille" il y a une autre, chef à moi, mère supérieure, elle a des poils roux sur les bras, elle aime qu'il y ait de gros tournesols ou de grosses cerises sur ses vêtements et même si elle tape le mot TTC au moins huit cent fois/jour, elle ne les connaît pas.
Ici, j'ai aussi une fonction, c'est écrit en italique sur les trois feuilles que j'ai paraphrasées : secrétaire – dactylo – standardiste. Je suis Pam dans The Office (US). C'est pas génialement excitant, je me retrouve assise derrière un immense bureau et tout le monde peut me voir. C'est bien simple je suis la première chose que l'on voit en entrant ici, la tête d'affiche, je dois juste sourire, dire "bienvenue !".
A partir de là, le travail est devenue une version pro de jouons-à-la maîtresse de quand j'avais 10 ans. J'agrafe, je faxe, je surligne, je recopie, je coupe, je m'amuse à trouver les plus jolies combinaisons de timbres par couleur, je classe des dossiers en y apposant ma plus jolie écriture,…
Le plus souvent, on exploite mes compétences à taper relativement vite sur un clavier et pendant 3-4h j'aligne les mots sans souffler. 60 pages. 70 pages. 120 pages. 310 pages. Le plus chiant ce sont les tabulations et la mise en page. Et la partie la plus entertaining dans tout ça c'est d'avoir le droit de choisir une photo pour la page de garde, he ouais, voilà où j'en suis.
Je m'ennuie un peu mais je me suis trouvée un nouvelle motivation dans l'appât du gain, une heure à souligner des mots en bleu et c'est 7€ dans ma poche. En deux jours les commerciaux m'ont peut-être rendus comme eux, vénale. Pour me raisonner, j'évite de m'habiller trop bien et je continue à ne pas trop me coiffer. Le plus inquiétant c'est encore qu'ils m'aiment bien à cet étage, je travaille vite sans me plaindre, je ne parle pas mais je sais sourire aux clients, je suis ponctuelle mais discrète, je suis trop jeune mais sympathique. Hier, ils m'ont vaguement proposés de passer en CDI, je me suis remise à vomir.

blondinette @3:59:00 PM


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mercredi, juillet 06, 2005

in the days when you were hopelessly poor, i just liked you more 

Mode off. Je n’arrive plus à lire correctement, j’ai le pouvoir de concentration d’un papillon enfumé. Je pense à plein de choses. Stop thinkin. Que finalement même ici je le trouve de plus en plus charmant, nan c’est pas le bon mot interessant, intriguant c’est mieux, je découvre le sensible derrière le bâtard, en grattant un peu et lui commence doucement à réaliser que j’effrite son masque. Et ça me fait mal à moi, monde à l’envers, envers du monde. Que je brûle mes derniers jours de vraies vacances avant de me pointer la bouche à cœur à ce job qu’on a trouvé pour moi, vie facile, où je ne sais même pas ce qu’on va me demander. Ce qui est sûre c’est que ce n’est ni pute ni prof d’anglais. On ne m’a même pas demandé de cv et une voix tout sucre d’une inconnue m’a dit à travers un combiné en faux bois que j’était la personne idéale, j’aime, ça fout les boules mais j’aime. Ca fait quatre jours que je n’ai pas écouté une chanson et c’est unfortunately inédit. Lyrics plein la tête tout de même, je chante donc je suis, je suis, je suis mon propre juke-box portatif et intégré, capacité de mémoire quasi-illimitée, coque irisée, batterie longue durée. Je ne suis pas de mauvaise humeur, je n’en ai même plus, d’humeur. Le dernier film (re-re-re-re)vu : pulp fiction en bougeant pas d’un cil. Si j’étais un objet : un bout d’vide en forme de rien. Mon régime alimentaire est aussi végétarien que végétatif. En prenant un bain hier j’ai cru devenir transparente dans l’eau. Quand je regarde en l’air je ne vois plus que des particules de poussière. Pas plus de cent mots dans une journée. Une journée : 7h- 02h. Pas une thune mais 6 piqûres de moustique sur la cheville droite et un bébé bronzage de blondasse. De ma fenêtre je vois : rien. J’ai sommeil tout le temps même en dormant. Au réveil, je reste au lit et j’essaye de localiser jusqu’à quelle rue de mon quartier j’entend les gens bouger.

blondinette @12:31:00 AM


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samedi, juillet 02, 2005

orchidée vénéneuse 

Ce que j’ai aimé de ces vacances :

-elles. Les bestfriends. C’est comme ça, pas autrement, on se sent bien tombée, on s’est bien trouvées, on se réunit autour de délires à nous, nos codes, nos pseudos pour chacun et je les encense pour ça, pour partager notre connerie en part égales.
-lui. Au quotidien c’est une connaissance distante. Nos conversations d’ici se limitent à des "ça va ? ""t’as du feu ?"" une place dans ta caisse ?". La bas, je me rend compte qu’il suffit de regarder longuement les cils de quelqu’un, attention, avec le profil qu’il faut et sans se faire capter, pour en tomber amoureux un peu. Depuis on est revenu et il ne se doute de rien, d’ailleurs l’impression est déjà gommée, presque.
- un peu de tout, le décor, l’herbe brûlée et tout qui brûle d’ailleurs, la période qui suit la cuisson des corps au soleil, la peau salée, le granité fraise, la cagole qui se vautre au beau milieu du passage pieton, les bouteilles qui pètent sur les rochers avant même qu’on les ai entamées, les autres qu’on finit par teaser allégrement, les expédition en masque et tuba pour voir quatres pov poiscailles et un pelo perdu, les promenades en voitures dans la ville la nuit avec les bras sur les portières comme des pures connasses, les blind test bidon de vieux rap dans lequel je me débrouille bien plus que je ne l’aurais jamais cru, l’accent qu’on finit par attraper de façon ridicule, …

Ce que je n’ai pas aimé est trop flou (lavande de merde, parkings de merde, feux rouges de merde, péages de merde,..) et maintenant insignifiant alors tant mieux.


blondinette @5:10:00 AM


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