:: nice girls don't finish last ::

jeudi, juin 16, 2005

dear diary boy, 

Je vous raconte mon « rencard forcé » comme dit ma sœur. Il est 13h 20 et j’ erre en zigzag dans des magasins qui puent le plastique fondu au néon et où les faux parquets sont plein de poussières. Je ne cherche rien sinon des choses à regarder. D’un coup je me retrouve en face de ce garçon que je n’ai pas vu depuis pfouuu bien trois ans. On se connaissait et fréquentait bien et régulièrement l’époque mais là c’est juste moi face à un étranger, vaguement contente quand même. Il baratine, il est super content de me revoir, il fait de grand gestes, me touche un peu trop le bras, il m’invite le soir même, je peux pas dire non qu’il m’assure, haha la bonne blague. Blindée de gêne jusqu’au bout, même là je n’ose pas dire non, refuser, partir, comment toujours je dis « si tu veux » et lui il veut bien. On se retrouve dans la rue à l’heure pas convenue pas par moi en tout cas. Il a du mettre plus de temps que moi à se coiffer et il a une veste et un sourire de crâneur. Il est devenu coquet, presque precieux. Une fille précieuse c'est une chieuse limite une pétasse, un garçon précieux c'est pire, c'est la peste et le choléra dans un ventilo. Je hais. Je regrette. Il me pousse dans un macdo, je consomme mon sundae le plus lentement possible en m’appliquant bien, les yeux rivés sur le truc à faire des dessins dans la crème avec la cuillère pour ne pas avoir à le regarder. Je me mords la langue en mangeant, ça fait mal je sais pas décrire comment, ni ça pique ni ça brûle, mais toi aussi tu sais comment et je fait tout pour ne pas le montrer mais j’ai peur de saigner. Je ne me sens mieux qu’en entrant dans le cinéma, immédiatement apaisée, l’effet inimitable de la moquette épaisse rouge. On n’arrive pas à se mettre d’accord, il commence à me crisper avec ses phrases qui commencent presque toutes par "ha ouais et aussi un jour avec mes potes…" et qui finissent toutes par "comme on a rigolé", je le déteste placidement, mais j’ai vraiment envie d’un film.
Je décide, vas-y choisis un nombre et on ira voir le film dans cette salle. Je prie en silence. Salle 3 il y a bien les Poupées Russes mais hors de question de partager ça avec lui. Pleins de films déjà vus, en plus. Pas salle 1, pas Star Wars, Anakin encore une fois oui j’veux bien, mais 2h 20 avec lui et je m’étrangle avec la manche de mon pull.
Il choisit la salle 5. Sin City. Que je voulais voir de toute façon parce que j'ai taté les comic books originaux, de toute façon aucun choix n’aurait été bien, pourvu qu’on se casse d’ici vite fait et chacun de son côté. On est tombés sur la séance en VO, je suis aux anges lui beaucoup moins, il râle et je suis de plus en plus satisfaite. Peste. On ressort. J’ai aimé, pas lui. Il dit que je suis un public facile c’est vrai mais j’ai adoré l’esthétique du film. Pendant quelques minutes il est agréable presque amical, autant partir dans l’apogée d’humeur, je lui fait la bise, me taille aussi sec. Sur le parking, six rues sombres et humides et glauques plus loin, je me rend compte que j’ai oublié mon sac dans la salle, panique et fatigue parce que c’est devenu le genre de détails courants dans mon quotidien de jeune ecervelée. Je retraverse les rues sombres et humides et glaques, rentre à nouveau dans le ciné, on me redonne mon sac, merci madaaame, du coup je reprends une place, Star Wars III again, en VO.
Quand je sors il est presque une heure, je baille comme une travailleuse, je n’ai que shivaree dans l’autoradio, pour ne pas s’endormir en roulant c’est moyen, le type devant moi se fait flasher, c’est ça qui me réveille pour de bon. j’en ai encore mal aux rétines.

blondinette @2:41:00 AM


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mardi, juin 14, 2005

i am watermelon 

Saloperie de faille de sécurité, trois semaines sans PC et mes mails mes adresses disparus. Benji merci pour ton dernier mail.
J’ai pas dis au revoir à mon nouvel ami en quittant la fac sur mon dernier partiel. J’ai rendu ma copie il a levé des yeux désespérés de la sienne, il avait un polo jaune poussin avec des rayures colorés ça lui allait drôlement bien, j’ai esquissé un sourire d’encouragement, en tout cas c’est l’impulsion que j’ai voulu lui donner et c’est tout, à l’année prochaine copain. Comme boulot d’été j’aurais aimé être projectionniste dans un ciné mais c’est un vrai métier qu’on m’a répondu moi je veux bien mais du coup je vais projectionner chez moi.
Dans une semaine je pars. Oh pas loin, dans le pays, juste plus près de l’Equateur et plus loin de certaines personnes d’ici. Je me prépare des listes des mp3 à mettre impérativement sur mon lecteur, listes de livres à prendre à la médiathèque avant le départ. J’ai écrit Kerouac sur la liste parce que tout le monde me dit qu’il faut lire ça mais du coup ça me donne pas envie du tout. Dernièrement j’ai lu La Décadence, un livre romancé de qualité bof sur ce qu’on appelle la musique de la tvréalité tout ça, et pendant deux nuits j’ai cauchemardé sur la disparition imminente de la vraie musique et ça faisait encore plus peur que les glaciers l’ozone effrité et tout. Puis j’ai lu Le Démon de Selby, et c’est tout de suite autre chose. Là, j’ai psychoté parce que je me suis reconnue dans plein de choses, dans l’obsessionnel, l’irrationnel, l’angoisse et c’est grandiose lisez le. Du coup je ne dors plus et mes yeux semblent trop grands pour leurs emplacements. Ca fait longtemps que je n’ai pas vu de film bouleversant.
En ce moment j’écoute Stereo Total parce que c’est trop des fous. Voilà.


blondinette @12:25:00 AM


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