jeudi, mai 19, 2005
they see you coming and going
Ce matin, moins d’une heure après être sortie de mon lit, j’ai vu trois montgolfières, fières et colorées, traverser le ciel. La journée fut d’un niveau de félicité rare. Déduisons-en donc que montgolfière dans le ciel, bonheur dans ton coeur. L’inverse, jusqu’à preuve du contraire, n’est pas vrai.
Je me suis fait un nouveau copain à la fac. Pour résumé, il est gentil et calme, il a cheveux soyeux et les yeux bridés. Je ne lui ai jamais adressé un mot mais je suis sure qu’il est gentil, ça se voit à son regard. Notre histoire a débuté connement comme toutes les histoires : il a fait tomber son cahier, je l’ai aidé à recueillir les feuilles volantes. Depuis, tacitement nous avons établi l’accord de s’asseoir l’un à côté de l’autre. En tout cas, c’est ce que j’ai cru comprendre. Il n’est pas bavard et j’aime ça. Il me fait juste des sourires timides le coquin. Je ne connais même pas son nom, il va falloir que je lui en trouve un approprié et mignon.
C’est dommage quand même, que ça arrive à la fin d’année et tout. J’ai la certitude que si je veut faire perdurer le contact à travers et au-delà des vacances, il va falloir développer un peu nos conversations silencieuses.
J’avais des envies d’art sur support palpable. C’est rare. Comme tout le monde mais plus encore, je suis difficile pour ces choses là. J’ai choisi la facilité, une expo photo, la photo c’est encore ce que j’aime le plus. Puis ça faisait branché et active. Mais, je ne vois pas la poésie dans des photos trop simplistes. Je n’aime que quelques rares photos de paysages et de nature. Je n’aime presque que les portraits. Les photos de gens sur deviantart, dans des poses inventives et avec des lumières glamours, drôles ou subversives ou touchantes ou avec des couleurs assorties pour punaiser sur mes murs, je suis folle ou géniale, j’ai mon idée là dessus.
La fac est pleine de gens qui parlent de star wars. De gens qui veulent me faire voter non. De gens qui s’aiment et comptent bien le montrer très explicitement. De filles moqueuses. De gens perdus.
Je finis mon verre de lait, ma playlist de death cab, jolie mais triste, éteindre les lumières partout, me faire une natte et mettre un pyjama en coton bleu aux manches chiffonnées, puis je vais relire les dernières pages de Into the Great Wide Open, que j’ai aimé bien qu’il soit plus gris et triste qu’un dimanche pluvieux.
I decide tomorrow will be radiant & divine.
[Death Cab For Cutie - Song For Kelly Huckaby]
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Je me suis fait un nouveau copain à la fac. Pour résumé, il est gentil et calme, il a cheveux soyeux et les yeux bridés. Je ne lui ai jamais adressé un mot mais je suis sure qu’il est gentil, ça se voit à son regard. Notre histoire a débuté connement comme toutes les histoires : il a fait tomber son cahier, je l’ai aidé à recueillir les feuilles volantes. Depuis, tacitement nous avons établi l’accord de s’asseoir l’un à côté de l’autre. En tout cas, c’est ce que j’ai cru comprendre. Il n’est pas bavard et j’aime ça. Il me fait juste des sourires timides le coquin. Je ne connais même pas son nom, il va falloir que je lui en trouve un approprié et mignon.
C’est dommage quand même, que ça arrive à la fin d’année et tout. J’ai la certitude que si je veut faire perdurer le contact à travers et au-delà des vacances, il va falloir développer un peu nos conversations silencieuses.
J’avais des envies d’art sur support palpable. C’est rare. Comme tout le monde mais plus encore, je suis difficile pour ces choses là. J’ai choisi la facilité, une expo photo, la photo c’est encore ce que j’aime le plus. Puis ça faisait branché et active. Mais, je ne vois pas la poésie dans des photos trop simplistes. Je n’aime que quelques rares photos de paysages et de nature. Je n’aime presque que les portraits. Les photos de gens sur deviantart, dans des poses inventives et avec des lumières glamours, drôles ou subversives ou touchantes ou avec des couleurs assorties pour punaiser sur mes murs, je suis folle ou géniale, j’ai mon idée là dessus.
La fac est pleine de gens qui parlent de star wars. De gens qui veulent me faire voter non. De gens qui s’aiment et comptent bien le montrer très explicitement. De filles moqueuses. De gens perdus.
Je finis mon verre de lait, ma playlist de death cab, jolie mais triste, éteindre les lumières partout, me faire une natte et mettre un pyjama en coton bleu aux manches chiffonnées, puis je vais relire les dernières pages de Into the Great Wide Open, que j’ai aimé bien qu’il soit plus gris et triste qu’un dimanche pluvieux.
I decide tomorrow will be radiant & divine.
[Death Cab For Cutie - Song For Kelly Huckaby]
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samedi, mai 07, 2005
Dont stop, get it, get it. (You know what I'm talking about)
En ce moment je ne m’aime pas beaucoup. Encore moins que d’habitude dirons nous. Je ne suis plus drôle, même plus cynique, plus intéressante, alors que je suis encore certaine de l’avoir été il n’y a plus si longtemps de cela. Je ne suis pas une bonne petite amie, une bonne copine, une bonne connaissance. Je suis médiocre, moyenne, oubliable, je ne suis plus bonne à rien. La vérité c’est que je pars complètement en cacahouète, my life sucks, my life is a real mess. J’ai même pas de véritable raison de déprimer, contrairement à certains, alors je me sens encore plus mal, égoïste. Les gens que j’aiment profondément ne m’aiment pas vraiment, voilà ce que je découvre. J’attend de toucher le fond pour mettre le pied à terre et me relancer fort vers le haut, vers l’inspiration profonde d’air pur et neuf. Cette image me fait complètement penser aux piscines de trois mètres de profondeur dans lesquelles je m’enfonçais quand j’étais plus petite. Je pense bilingue et j'aime profondement cette nouvelle capacité que mon cerveau offre mais ça ne m’aide pas à formuler ce que je voudrais vraiment dire. Suis pas incertaine d’être ce qu’on appelle une « dépressive » même si ce mot me donne des frissons dans le bas du dos. Encore moins, ceci entraînant cela, de ne pas être carrément sur la lancée d’une alcoolique. D’ailleurs l’alcool et les joints de la soirée m’aident actuellement à écrire ce que je ne pourrais ordinairement pas, le correcteur d’orthographe à éviter les fautes qui le prouveraient sans hésitation. Je sais ça fais rire, moi aussi demain en relisant ça, sûrement, mais quand même là maintenant non, pas tellement.
Heureusement, en boite, elles étaient là, les copines et leurs épaules douces et chaudes. Et lui aussi. Ce flirt épisodique et platonique qui revient dans ma vie de temps en temps, jamais quand il le faudrait vraiment. Toujours aussi plein de charme dans ses gestes lents, sa mèche brune excitante, en haut à droite de son front bronzé, son rire un peu trop excessif, sa capacité à me captiver oralement avec ses histoires pourtant évidemment inventées. Aussi agaçant de sa non-attention envers moi, de son air pas du tout faussement détaché. J’ai tout fait, l'ai frôlé en dansant, mon debardeur en soie contre la peau nue de ses bras, ai joué l’indifférente, bien mal quand même, puis la bonne copine prête à écouter jusqu’à ces histoires de cœur. Rien n’y fait, on n'avance pas d'un pas, il ne m’aime pas, je désespère mais relativise, demain j’oublierai.
Suis-je la seule fille de Strasbourg qui n’a pas profité des quelques jours de soleil chaud bouillant pour devenir une de ces bombasses bronzées, fines et blondes (blonde, ça c’est fait) qui errent dans la ville à la tombée de la nuit ? Best friend m’envoie des photos faites récemment, dont elle a augmentée la luminosité sur photoshop et ça rend très bien sur tout le monde, style instant kodak, mais chez moi, cheveux et peau se confondent dans un mélange crémeux blanc fantomatique et l’on ne voit que des yeux sombres et effrayants. Je me fais peur, en plus du reste.
Est-ce qu’une bonne soundtrack fait un bon film ou l’inverse ?
Et de toute façon, peu importe.
J’aime (et je move très bien mon body sur) le nouveau Gorillaz. Je le trouve gentiment démoniaque. That’s all.
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Heureusement, en boite, elles étaient là, les copines et leurs épaules douces et chaudes. Et lui aussi. Ce flirt épisodique et platonique qui revient dans ma vie de temps en temps, jamais quand il le faudrait vraiment. Toujours aussi plein de charme dans ses gestes lents, sa mèche brune excitante, en haut à droite de son front bronzé, son rire un peu trop excessif, sa capacité à me captiver oralement avec ses histoires pourtant évidemment inventées. Aussi agaçant de sa non-attention envers moi, de son air pas du tout faussement détaché. J’ai tout fait, l'ai frôlé en dansant, mon debardeur en soie contre la peau nue de ses bras, ai joué l’indifférente, bien mal quand même, puis la bonne copine prête à écouter jusqu’à ces histoires de cœur. Rien n’y fait, on n'avance pas d'un pas, il ne m’aime pas, je désespère mais relativise, demain j’oublierai.
Suis-je la seule fille de Strasbourg qui n’a pas profité des quelques jours de soleil chaud bouillant pour devenir une de ces bombasses bronzées, fines et blondes (blonde, ça c’est fait) qui errent dans la ville à la tombée de la nuit ? Best friend m’envoie des photos faites récemment, dont elle a augmentée la luminosité sur photoshop et ça rend très bien sur tout le monde, style instant kodak, mais chez moi, cheveux et peau se confondent dans un mélange crémeux blanc fantomatique et l’on ne voit que des yeux sombres et effrayants. Je me fais peur, en plus du reste.
Est-ce qu’une bonne soundtrack fait un bon film ou l’inverse ?
Et de toute façon, peu importe.
J’aime (et je move très bien mon body sur) le nouveau Gorillaz. Je le trouve gentiment démoniaque. That’s all.
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