mercredi, mars 23, 2005
Okay. I'm done.
Samedi soir, 19 mars, j’ai été à une Snow Party.
Ouais cherchez l’anachronisme évident que comporte cette phrase malgré qu’elle soit contextuellement juste (ne me demandez pourquoi, comment on en arrive à fêter l’hiver deux jours avant le printemps).
« hi miss. rdv general devant chez moi 22h30. a l’heure ce serait gentil merci (et ca nous changerait). See ya »
22h 15 je suis chez best friend. Moi prête en avance et étonnée de l'être, elle pas du tout et angoissée par des histoires de garçon coureur de jupons. 23h 03, on claque les portes de la voiture blindée de filles surexcitées et/donc souriantes. Aiguille dans le rouge, il va falloir faire le plein baby. Et soudain aucune pompe à essence à cb ne fonctionne dans un rayon de 20 km. Ca devient vite la panique. Va-t-on échouer au milieu des champs qui relient les villages qu’on traverse, avec nos paillettes sur les yeux et notre unique cd rayé (ray charles) ? Finalement non, ha pas de soirée mémorable ce soir, pas d’anecdotes rigolotes dans le futur et de frayeurs nocturnes pour tout de suite, tanpis.
L’entrée est facile, bises au videur, tremblement de murs à l’extérieur.
Les prises de têtes de la semaine, l’avenir incertain, le réchauffement de la planète, les gens absents qu’on aime et ceux toujours présents avec leurs sourires carnassiers.. on laisse tout au vestiaire, au fond des verres, dans les cendriers.
Table à deux pas de la piste, permet de danser tout en buvant et on danse longtemps et beaucoup, tout en chantant. Bootlegs, garçons en chemises noires, fumée blanche, vodka caramel sirotée sur du funk. Filles franchement joyeuses, l’une de nous se love dans les bras d’un garçon blond à l’air pas tout à fait inconnu, que ça en est inquiétant, alors que deux autres se sont engagées dans une mini dispute sur qui a piqué des clopes à l’autre. You are my high. On rit beaucoup et fort mais la musique couvre bien alors peu importe.
Ils ont mis le paquet sur la déco. Excentricité glacée, lumières bleues, sapins blancs, stalactites en plastoc au-dessus de nos épaules dénudées, ambiance polaire. Ca me fait violemment penser à la SnOC Party (épisode 205), références bétons nespa, sauf qu’à Newport Beach l’homme-pinguin ne finit pas par dezipper son costume révélant une brune en bikini bleu, enlevant à son tour ce qu’elle porte pour se révéler être une stripteaseuse. Les strip-teaseurs hommes sont moches, cramés aux uv et trop bodybuildés pour être honnêtes. Dommage et en même temps, who cares ?
M’enfin c’est pas grave. La neige artificielle nous tombe dessus, et même si elle sent le caoutchouc brûlé, l’effet est assez joli sur nos cheveux pour provoquer la liesse ultime qui abaisse toutes frontières, abolit les notions de honte, d’excès et de folie.
6h 26 minutes. Aidées par ce qui nous reste de lucidité, niveau variable de l’une à l’autre, et d’une conductrice sobre mais prise de hoquet entraînant des fous rires en cascade, nous arrivons tant bien que mal à gagner la voiture puis nos maisons.
Bye girls. Claquement de portière, dos à ma porte, la voiture la lumière et les rires qui partent dans la nuit grise du matin. Pour la première fois depuis si longtemps que je ne me souvenais plus y avoir déjà assisté, je rentre de soirée sous le chant des oiseaux.
Okay ce dernier élément durera assez longtemps pour peser son poids de poésie bien placée, peut-être même de philosophie dans cette soirée de relâche insouciante, mais si ça trouve après être rentrée à l’intérieur, je raterai mon lit et m’endormirai sur la moquette comme une ivrogne, attrapant ainsi un torticolis douloureux comme il faut. Mais ça l’histoire ne nous le dis pas.
[Daft Punk -Aerodynamic]
A partir d'1:30 min, je sais que ça va aller, toujours.
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Ouais cherchez l’anachronisme évident que comporte cette phrase malgré qu’elle soit contextuellement juste (ne me demandez pourquoi, comment on en arrive à fêter l’hiver deux jours avant le printemps).
« hi miss. rdv general devant chez moi 22h30. a l’heure ce serait gentil merci (et ca nous changerait). See ya »
22h 15 je suis chez best friend. Moi prête en avance et étonnée de l'être, elle pas du tout et angoissée par des histoires de garçon coureur de jupons. 23h 03, on claque les portes de la voiture blindée de filles surexcitées et/donc souriantes. Aiguille dans le rouge, il va falloir faire le plein baby. Et soudain aucune pompe à essence à cb ne fonctionne dans un rayon de 20 km. Ca devient vite la panique. Va-t-on échouer au milieu des champs qui relient les villages qu’on traverse, avec nos paillettes sur les yeux et notre unique cd rayé (ray charles) ? Finalement non, ha pas de soirée mémorable ce soir, pas d’anecdotes rigolotes dans le futur et de frayeurs nocturnes pour tout de suite, tanpis.
L’entrée est facile, bises au videur, tremblement de murs à l’extérieur.
Les prises de têtes de la semaine, l’avenir incertain, le réchauffement de la planète, les gens absents qu’on aime et ceux toujours présents avec leurs sourires carnassiers.. on laisse tout au vestiaire, au fond des verres, dans les cendriers.
Table à deux pas de la piste, permet de danser tout en buvant et on danse longtemps et beaucoup, tout en chantant. Bootlegs, garçons en chemises noires, fumée blanche, vodka caramel sirotée sur du funk. Filles franchement joyeuses, l’une de nous se love dans les bras d’un garçon blond à l’air pas tout à fait inconnu, que ça en est inquiétant, alors que deux autres se sont engagées dans une mini dispute sur qui a piqué des clopes à l’autre. You are my high. On rit beaucoup et fort mais la musique couvre bien alors peu importe.
Ils ont mis le paquet sur la déco. Excentricité glacée, lumières bleues, sapins blancs, stalactites en plastoc au-dessus de nos épaules dénudées, ambiance polaire. Ca me fait violemment penser à la SnOC Party (épisode 205), références bétons nespa, sauf qu’à Newport Beach l’homme-pinguin ne finit pas par dezipper son costume révélant une brune en bikini bleu, enlevant à son tour ce qu’elle porte pour se révéler être une stripteaseuse. Les strip-teaseurs hommes sont moches, cramés aux uv et trop bodybuildés pour être honnêtes. Dommage et en même temps, who cares ?
M’enfin c’est pas grave. La neige artificielle nous tombe dessus, et même si elle sent le caoutchouc brûlé, l’effet est assez joli sur nos cheveux pour provoquer la liesse ultime qui abaisse toutes frontières, abolit les notions de honte, d’excès et de folie.
6h 26 minutes. Aidées par ce qui nous reste de lucidité, niveau variable de l’une à l’autre, et d’une conductrice sobre mais prise de hoquet entraînant des fous rires en cascade, nous arrivons tant bien que mal à gagner la voiture puis nos maisons.
Bye girls. Claquement de portière, dos à ma porte, la voiture la lumière et les rires qui partent dans la nuit grise du matin. Pour la première fois depuis si longtemps que je ne me souvenais plus y avoir déjà assisté, je rentre de soirée sous le chant des oiseaux.
Okay ce dernier élément durera assez longtemps pour peser son poids de poésie bien placée, peut-être même de philosophie dans cette soirée de relâche insouciante, mais si ça trouve après être rentrée à l’intérieur, je raterai mon lit et m’endormirai sur la moquette comme une ivrogne, attrapant ainsi un torticolis douloureux comme il faut. Mais ça l’histoire ne nous le dis pas.
[Daft Punk -Aerodynamic]
A partir d'1:30 min, je sais que ça va aller, toujours.
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vendredi, mars 18, 2005
Should have listened when I was told
Hier, 22h et des poussières, je comprend qu’effectivement, il n’est pas bon en filles.
Pas doué au point d’avoir oublié de me dire qu’il était sévèrement amoureux d’une autre, peut importe qui même si c’est sa meilleure amie. Pas doué au point que j’ai du lui expliquer longuement que nous deux c’était pas possible, m’embrasser moi le jour et rêver d’elle la nuit, alors que ça lui semblait parfaitement compatible à lui et que du coup, devant son air sérieux et ses yeux sacrement plus verts que je ne l’aurais cru, j’avais presque du mal à m’en persuader moi-même. Pas doué au point qu’il est resté là, à moitié allongé sur le lit, appuyé sur les coudes à discuter mollement avec un air de gosse qui boude. Je lui ai fait un bisou rapide sur le front, j’ai choppé mon sac au passage, ouvert et fermé la porte de sa chambre, remonté le couloir avec sa saleté de minuscule chien blanc qui voulait me faire tomber en passant entre mes jambes, passé la tête dans le salon et dis au revoir à sa mère et à sa sœur preuve que j’ai eu une putain de bonne éducation je crois, j’ai dit un truc comme « à bientôt », me suis dis que c’est certainement la dernière fois que je les verrai et c’est con parce que j’aime bien sa sœur c’est une gamine intelligente, ouais j’ai connement pensé à ça, je me suis assise sur le carrelage dans l’entrée et j’ai enfilé mes Converses, ça m’a jamais paru aussi long de les mettre et pourtant pour la première fois ça me dérangeait de sortir sans les lasser, alors j’ai fait de jolis nœuds sous les yeux du même chien con, en étant consciente de chaque seconde qui s’écoulait, de chaque boucle achevée, j’ai enfilé ma veste, suis sortie, ai descendue les quatre étages assez vite pour être surprise d’être déjà en bas, je suis sortie de l’immeuble, sa voisine est entrée en me faisant un sourire et un bonjour, merde c’est fou ce qu’on s’habitue vite aux gens, je suis entrée dans la voiture, ai mis pas mal de temps à choisir un cd approprié, choisi une compil self-made avec pleins de trucs rock pop dedans, la première chanson c’était Cherub Rock des smashing pumpkins, et ça tombait assez bien parce que c’est pas une chanson d’amour et qu’en plus c’est terriblement bon, j’ai mis le son assez fort, j’ai démarré le contact, suis sortie de ma place de parking pas réglementaire, j’ai pris la route et je suis rentrée tranquillement chez moi.
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Pas doué au point d’avoir oublié de me dire qu’il était sévèrement amoureux d’une autre, peut importe qui même si c’est sa meilleure amie. Pas doué au point que j’ai du lui expliquer longuement que nous deux c’était pas possible, m’embrasser moi le jour et rêver d’elle la nuit, alors que ça lui semblait parfaitement compatible à lui et que du coup, devant son air sérieux et ses yeux sacrement plus verts que je ne l’aurais cru, j’avais presque du mal à m’en persuader moi-même. Pas doué au point qu’il est resté là, à moitié allongé sur le lit, appuyé sur les coudes à discuter mollement avec un air de gosse qui boude. Je lui ai fait un bisou rapide sur le front, j’ai choppé mon sac au passage, ouvert et fermé la porte de sa chambre, remonté le couloir avec sa saleté de minuscule chien blanc qui voulait me faire tomber en passant entre mes jambes, passé la tête dans le salon et dis au revoir à sa mère et à sa sœur preuve que j’ai eu une putain de bonne éducation je crois, j’ai dit un truc comme « à bientôt », me suis dis que c’est certainement la dernière fois que je les verrai et c’est con parce que j’aime bien sa sœur c’est une gamine intelligente, ouais j’ai connement pensé à ça, je me suis assise sur le carrelage dans l’entrée et j’ai enfilé mes Converses, ça m’a jamais paru aussi long de les mettre et pourtant pour la première fois ça me dérangeait de sortir sans les lasser, alors j’ai fait de jolis nœuds sous les yeux du même chien con, en étant consciente de chaque seconde qui s’écoulait, de chaque boucle achevée, j’ai enfilé ma veste, suis sortie, ai descendue les quatre étages assez vite pour être surprise d’être déjà en bas, je suis sortie de l’immeuble, sa voisine est entrée en me faisant un sourire et un bonjour, merde c’est fou ce qu’on s’habitue vite aux gens, je suis entrée dans la voiture, ai mis pas mal de temps à choisir un cd approprié, choisi une compil self-made avec pleins de trucs rock pop dedans, la première chanson c’était Cherub Rock des smashing pumpkins, et ça tombait assez bien parce que c’est pas une chanson d’amour et qu’en plus c’est terriblement bon, j’ai mis le son assez fort, j’ai démarré le contact, suis sortie de ma place de parking pas réglementaire, j’ai pris la route et je suis rentrée tranquillement chez moi.
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mercredi, mars 16, 2005
Eat Pineapple
Je savais bien que le soleil me rendrait heureuse aujourd’hui, mais je pensais pas que la position des meubles encore plus. C’est très bien pensé tout ça. Allongés sur son lit, on a la tête à l’ombre, le corps chauffé par le soleil et pas un brin de reflet dans l’écran tv. Une fille, un garçon, du soleil, un lit, une tonne de dvds, une rue où se balader, cinq heures de liberté insolente : compte les différentes combinaisons possibles et relie les points. Ca oui, M. est cinéphage. Pas cinéphile, pas trop non, mais cinéphage oui, le mur de dvds le prouve. Une tonne de films classés dans ordre particulier que lui seul connaît et je trouve ça génial. Par contre ce qui est nul, c’est que M. n’a aucun goûts musicaux. Je rigole pas, ça me ferait même verser une larme tellement je trouve ça triste pour lui. Il n’écoute pas naturellement de musique, même pas la radio, rien, même pas le carillon de l’entrée, nada. Poor poor boy, blondinette va prendre soin de toi tiens. Bon, revenons au mur de dvds. Du coup je décide solennellement qu’on restera cloîtrés ici, dans la chambre de monsieur, sur cette couette rouge et chaude et douce, jusqu’à ce qu’on ai regardé tous les dvds sans exception. Je l’oblige à regarder Battle Royale, pour lui prouver que même après dix visionnages c’est un film de génie et parce que Tatsuya j’te coeur. Il me force à regarder Hors d’Atteinte, qui comme tous les films avec Steven Seagal ressemble aux films avec Steven Seagal. Après ça, nos estomacs respectifs nous forceront à abdiquer et à interrompre notre ermitage improvisé. Puis ça tombe bien, j’avais coursà ce moment là.
Ce que j’aime bien, c’est pouvoir lui dire « bonne soirée, j’espère qu ‘on se voit demain » et le penser vraiment mot pour mot, ça vous change une fille de pouvoir faire ça.
[Après, c’est comme si la soundtrack de mes apres-midis était jerk it out de Caesar]
Et puis finalement non, deux copines et toujours du soleil, socio’s bullshit, on décide d’aller vérifier s’il y a des glaciers pas loin. Il y en aura un. Avec des glaces à la pistache et des yeux assortis. Je m’en fous, j’aime pas la pistache. Mais best friend elle oui, définitivement oui, et on décide qu’on viendra dorénavant manger une glace tous les jours.
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Ce que j’aime bien, c’est pouvoir lui dire « bonne soirée, j’espère qu ‘on se voit demain » et le penser vraiment mot pour mot, ça vous change une fille de pouvoir faire ça.
[Après, c’est comme si la soundtrack de mes apres-midis était jerk it out de Caesar]
Et puis finalement non, deux copines et toujours du soleil, socio’s bullshit, on décide d’aller vérifier s’il y a des glaciers pas loin. Il y en aura un. Avec des glaces à la pistache et des yeux assortis. Je m’en fous, j’aime pas la pistache. Mais best friend elle oui, définitivement oui, et on décide qu’on viendra dorénavant manger une glace tous les jours.
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vendredi, mars 11, 2005
Red red wine
Le téléphone a sonné à quelques centimètres de mon oreille, aïe, j’ai ouvert les yeux, regardé l’heure, panique, merdasse. T’es où ? Tu fais quoi ? Je suis désolée désolée désolée, je me suis endormie, je prend mes affaires j’arrive. Il était pas énervé du tout de toute façon, ça faisait bizarre, même qu’à travers le combiné, je pouvais entendre qu’il souriait et qu’il était de bonne humeur-détendu-content. Du coup, je me suis super dépêchée. Quand il a ouvert la porte de chez lui, il a demandé ce que j’avais fait à mes cheveux, j’en ai rougit de honte, encore plus quand j’ai regardé ma tête dans le miroir de son entrée. Cheveux emmêlés en bouclettes désordres, avec un volume monstre sur le côté droit. Ben tu vois, heu, je me suis endormie devant la télé, juste après la douche, c’est mauvais pour les cheveux ça, ils sèchent en prenant la forme de l’oreiller rien que pour embêter les filles fatiguées. Lui, ça l’a bien fait rire, il a même dit que ça m’allait bien, vraiment, soit il est trop gentil soit il est con je me suis dit. Puis il m’a pris la main pour sortir et je me suis rappelé qu’il était gentil.
Mon grand dilemme du moment, attention, parce que wouah, ma vie est troooop dure, c’est qu’en cours, on ne demande de choisir définitivement entre l’anglais british et l’anglais usa, de pas faire des mixs d’expression des deux langues afin de comment ils ont dit déjà ha oui « respecter une parfaite cohérence dans l’expression linguistique qui est dorénavant la votre ».
Or dans ma tête circule l’idée idyllique d’un so-nice petit appartement en plein Londres, même qu’à 14 ans j’avais déjà décidé qu’idéalement ce serait à Berwick Street et que je deviendrais une jeune anglaise dynamique et souriante avec une coupe de cheveux trendy, qui porterais un trench beige burberry, irais au karaoké tous les jeudis soir et aurais un boyfriend journaliste qui s’appellerait Matthew. Oui, voilà l’aperçu très restreint et sélectif que j’ai eu des anglaises à cet âge là, profondément encré dans mon subconscient depuis. La vérité c’est que si jamais je réussis à m’expatrier, ce sera dans le meilleur des cas dans la banlieue de Manchester, dans un quartier bien moins idyllique, et même que je ne serais pas plus dynamique ou souriante qu’en France, j’aurais toujours pas de quoi me payer un trench burberry et j’aurai un boyfriend même pas anglais, étranger donc, par exemple belge qui s’appellerais Pierre.
Bref, je veux vivre en Angleterre donc logiquement je devrais choisir l’anglais britannique. Mais ma consommation de séries et films en VO est telle que dans une phrase sur deux je parle avec des expressions américaines.
Ok, c’est pas grave à ce point et même pas du tout, je ne savais juste pas quoi raconter d’autre, pourtant j’aimerais presque venir écrire tous les jours, ne pas parler du temps, dire bonjour wouah lol bisous cool, panne d’idées, embrouillée, trop de choses faites et à faire. Je vous embrasse.
[The Bravery – An Honest Mistake]
Sometimes
I forget I'm still awake
I fuck up and say these things out loud
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Mon grand dilemme du moment, attention, parce que wouah, ma vie est troooop dure, c’est qu’en cours, on ne demande de choisir définitivement entre l’anglais british et l’anglais usa, de pas faire des mixs d’expression des deux langues afin de comment ils ont dit déjà ha oui « respecter une parfaite cohérence dans l’expression linguistique qui est dorénavant la votre ».
Or dans ma tête circule l’idée idyllique d’un so-nice petit appartement en plein Londres, même qu’à 14 ans j’avais déjà décidé qu’idéalement ce serait à Berwick Street et que je deviendrais une jeune anglaise dynamique et souriante avec une coupe de cheveux trendy, qui porterais un trench beige burberry, irais au karaoké tous les jeudis soir et aurais un boyfriend journaliste qui s’appellerait Matthew. Oui, voilà l’aperçu très restreint et sélectif que j’ai eu des anglaises à cet âge là, profondément encré dans mon subconscient depuis. La vérité c’est que si jamais je réussis à m’expatrier, ce sera dans le meilleur des cas dans la banlieue de Manchester, dans un quartier bien moins idyllique, et même que je ne serais pas plus dynamique ou souriante qu’en France, j’aurais toujours pas de quoi me payer un trench burberry et j’aurai un boyfriend même pas anglais, étranger donc, par exemple belge qui s’appellerais Pierre.
Bref, je veux vivre en Angleterre donc logiquement je devrais choisir l’anglais britannique. Mais ma consommation de séries et films en VO est telle que dans une phrase sur deux je parle avec des expressions américaines.
Ok, c’est pas grave à ce point et même pas du tout, je ne savais juste pas quoi raconter d’autre, pourtant j’aimerais presque venir écrire tous les jours, ne pas parler du temps, dire bonjour wouah lol bisous cool, panne d’idées, embrouillée, trop de choses faites et à faire. Je vous embrasse.
[The Bravery – An Honest Mistake]
Sometimes
I forget I'm still awake
I fuck up and say these things out loud
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jeudi, mars 03, 2005
"les filles dans le fond, vous parlez beaucoup ou c'est mon sonotone qui siffle ?" (prof de socio, chemise rose et chaussettes oranges)
Nos cercles d'amis respectifs se croisent régulièrement, se mélangent et se défont depuis longtemps. Ceci n'explique pas tout à fait pourquoi une heure après qu' M. m'ait offert un verre, il m'a touché la main, j'ai prise la sienne, il a rougit et il a dit très vite "tu sais, moi et les filles...". Illico, j'ai demandé si ça voulait dire qu'il était homo ou bien qu'il était pas fort en filles, autant ne pas s'enliser dans un malentendu. Il a rougit encore plus fort et il a répondu "deuxième option". Or j'ai quand même du mal à résister aux garçons qui savent rougir correctement.
Effectivement, il est pas très entraîné. Il me demande si ça fait mal quand il me prend la main, s'il me sers pas trop fort. Quand il m'appelle il demande trois fois au moins s'il ne me dérange pas. Si j’ai froid, faim, peur. Impression d’avoir huit ans, crispation légère sur fond de sourire débile de la fille touchée. Il parle pas beaucoup et pour compenser les silences trop longs, moi j'ai l'impression de ne faire que ça. Mais M. est gentil, il écoute, il a du goût et des yeux pétillants. Il a une façon spéciale de jouer à faire bouger les os de mes doigts c'est un peu écoeurant, dans le genre les gens qui font craquer leurs os, mais j'aime bien ça finalement. Le meilleur c'est encore quand je le fais rire, je suis pas trop mauvaise à ce jeu là, il se lâche un peu, il rit bien, il a des dents d'acteur hollywoodien, et après il sourit un moment et moi aussi du coup parce que contente comme tout, qu’est-ce qu’on peut être bête parfois. Je crois qu'on sais tous les deux que ce ne sera pas long, passionné et mémorable, mais pour le moment nous deux c'est confortable.
Ca recommence, les gens dans le tram sont des fous. Et j’aime ça franchement, la plupart des fois, j’aime avoir des anecdotes de tram, on fait ce qu’on peut pour égayer sa journée.
Aujourd’hui c’était une journée fructueuse pour les anecdotes de tram. Il y en a de nouveau un qui m’a touché les cheveux, tout doucement, du bout du doigt. Après je me suis tournée avec des grands yeux effarés, et il m’a fait un sourire sans dents et il a dit « c’est joli » comme on ment à propos d’un dessin de gosse. Les boules. C’est pas la première fois et c’est même pas le même bonhomme. Et aussi à un arrêt les portes se sont refermées juste après le passage d’une fille à peine plus âgée que moi qui a couru pour entrer et derrière elle il y a avait un garçon qui la suivait en courant, les portes se sont fermées avant lui et lui il a continué à courir le long de la voie en faisant des signes à la fille et en criant « Mais je t’aime moi » en boucle jusqu’à ce que la route et les piétons lui bouchent le passage. Les gens dans le tram se sont tournés vers elle en un bloc comme s’ils attendaient qu’elle fasse quelque chose de grand, de romantique, de dramatique, qu’elle porte une robe en tulle bleue, de longues tresses et qu’elle se colle à la vitre en récitant du shakespeare. Mais elle portait un manteau con et noir comme tout le monde et on aurait dit qu’elle allait vomir, elle étais bleu verte avec les lèvres qui tremblaient. Voilà.
Oh et puis, parlons bonne musique un peu. Mars Volta Mars Volta Mars Volta Mars Volta Mars Volta Mars Volta, encore encore encore, Mars Volta Mars Volta toujours encore…
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Effectivement, il est pas très entraîné. Il me demande si ça fait mal quand il me prend la main, s'il me sers pas trop fort. Quand il m'appelle il demande trois fois au moins s'il ne me dérange pas. Si j’ai froid, faim, peur. Impression d’avoir huit ans, crispation légère sur fond de sourire débile de la fille touchée. Il parle pas beaucoup et pour compenser les silences trop longs, moi j'ai l'impression de ne faire que ça. Mais M. est gentil, il écoute, il a du goût et des yeux pétillants. Il a une façon spéciale de jouer à faire bouger les os de mes doigts c'est un peu écoeurant, dans le genre les gens qui font craquer leurs os, mais j'aime bien ça finalement. Le meilleur c'est encore quand je le fais rire, je suis pas trop mauvaise à ce jeu là, il se lâche un peu, il rit bien, il a des dents d'acteur hollywoodien, et après il sourit un moment et moi aussi du coup parce que contente comme tout, qu’est-ce qu’on peut être bête parfois. Je crois qu'on sais tous les deux que ce ne sera pas long, passionné et mémorable, mais pour le moment nous deux c'est confortable.
Ca recommence, les gens dans le tram sont des fous. Et j’aime ça franchement, la plupart des fois, j’aime avoir des anecdotes de tram, on fait ce qu’on peut pour égayer sa journée.
Aujourd’hui c’était une journée fructueuse pour les anecdotes de tram. Il y en a de nouveau un qui m’a touché les cheveux, tout doucement, du bout du doigt. Après je me suis tournée avec des grands yeux effarés, et il m’a fait un sourire sans dents et il a dit « c’est joli » comme on ment à propos d’un dessin de gosse. Les boules. C’est pas la première fois et c’est même pas le même bonhomme. Et aussi à un arrêt les portes se sont refermées juste après le passage d’une fille à peine plus âgée que moi qui a couru pour entrer et derrière elle il y a avait un garçon qui la suivait en courant, les portes se sont fermées avant lui et lui il a continué à courir le long de la voie en faisant des signes à la fille et en criant « Mais je t’aime moi » en boucle jusqu’à ce que la route et les piétons lui bouchent le passage. Les gens dans le tram se sont tournés vers elle en un bloc comme s’ils attendaient qu’elle fasse quelque chose de grand, de romantique, de dramatique, qu’elle porte une robe en tulle bleue, de longues tresses et qu’elle se colle à la vitre en récitant du shakespeare. Mais elle portait un manteau con et noir comme tout le monde et on aurait dit qu’elle allait vomir, elle étais bleu verte avec les lèvres qui tremblaient. Voilà.
Oh et puis, parlons bonne musique un peu. Mars Volta Mars Volta Mars Volta Mars Volta Mars Volta Mars Volta, encore encore encore, Mars Volta Mars Volta toujours encore…
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