:: nice girls don't finish last ::

jeudi, mars 03, 2005

"les filles dans le fond, vous parlez beaucoup ou c'est mon sonotone qui siffle ?" (prof de socio, chemise rose et chaussettes oranges) 

Nos cercles d'amis respectifs se croisent régulièrement, se mélangent et se défont depuis longtemps. Ceci n'explique pas tout à fait pourquoi une heure après qu' M. m'ait offert un verre, il m'a touché la main, j'ai prise la sienne, il a rougit et il a dit très vite "tu sais, moi et les filles...". Illico, j'ai demandé si ça voulait dire qu'il était homo ou bien qu'il était pas fort en filles, autant ne pas s'enliser dans un malentendu. Il a rougit encore plus fort et il a répondu "deuxième option". Or j'ai quand même du mal à résister aux garçons qui savent rougir correctement.
Effectivement, il est pas très entraîné. Il me demande si ça fait mal quand il me prend la main, s'il me sers pas trop fort. Quand il m'appelle il demande trois fois au moins s'il ne me dérange pas. Si j’ai froid, faim, peur. Impression d’avoir huit ans, crispation légère sur fond de sourire débile de la fille touchée. Il parle pas beaucoup et pour compenser les silences trop longs, moi j'ai l'impression de ne faire que ça. Mais M. est gentil, il écoute, il a du goût et des yeux pétillants. Il a une façon spéciale de jouer à faire bouger les os de mes doigts c'est un peu écoeurant, dans le genre les gens qui font craquer leurs os, mais j'aime bien ça finalement. Le meilleur c'est encore quand je le fais rire, je suis pas trop mauvaise à ce jeu là, il se lâche un peu, il rit bien, il a des dents d'acteur hollywoodien, et après il sourit un moment et moi aussi du coup parce que contente comme tout, qu’est-ce qu’on peut être bête parfois. Je crois qu'on sais tous les deux que ce ne sera pas long, passionné et mémorable, mais pour le moment nous deux c'est confortable.

Ca recommence, les gens dans le tram sont des fous. Et j’aime ça franchement, la plupart des fois, j’aime avoir des anecdotes de tram, on fait ce qu’on peut pour égayer sa journée.
Aujourd’hui c’était une journée fructueuse pour les anecdotes de tram. Il y en a de nouveau un qui m’a touché les cheveux, tout doucement, du bout du doigt. Après je me suis tournée avec des grands yeux effarés, et il m’a fait un sourire sans dents et il a dit « c’est joli » comme on ment à propos d’un dessin de gosse. Les boules. C’est pas la première fois et c’est même pas le même bonhomme. Et aussi à un arrêt les portes se sont refermées juste après le passage d’une fille à peine plus âgée que moi qui a couru pour entrer et derrière elle il y a avait un garçon qui la suivait en courant, les portes se sont fermées avant lui et lui il a continué à courir le long de la voie en faisant des signes à la fille et en criant « Mais je t’aime moi » en boucle jusqu’à ce que la route et les piétons lui bouchent le passage. Les gens dans le tram se sont tournés vers elle en un bloc comme s’ils attendaient qu’elle fasse quelque chose de grand, de romantique, de dramatique, qu’elle porte une robe en tulle bleue, de longues tresses et qu’elle se colle à la vitre en récitant du shakespeare. Mais elle portait un manteau con et noir comme tout le monde et on aurait dit qu’elle allait vomir, elle étais bleu verte avec les lèvres qui tremblaient. Voilà.

Oh et puis, parlons bonne musique un peu. Mars Volta Mars Volta Mars Volta Mars Volta Mars Volta Mars Volta, encore encore encore, Mars Volta Mars Volta toujours encore…

blondinette @7:41:00 PM


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