:: nice girls don't finish last ::

mardi, janvier 11, 2005

A perfect circle (so the start-week report:) 

Tu te lèves tôt le matin avec un sourire formidable. Tu te dis que c'est fondamentalement génial. Génial de dormir quatre heures et d'être naturellement aussi optimiste aussi souriante. Comme d'habitude tu t'es levée genre presque deux heures avant de partir mais comme d'habitude tu pars environ dix minutes trop tard. Ce matin là c'est parce qu'il te manquait une boucle d'oreille, c'est important. Hier c'est parce que tu avais perdu tes clés, c'était déjà plus con. 15 minutes de trajet en voiture, la radio en fond sonore parce que la cassette où tu as enregistré des cds de hole sont bizarrement en mono et pas du bon côté (?). C'est dommage, le son dégeu des hauts parleurs donne encore plus de puissance à ce genre de chansons.

25 minutes de tram. Presque 8h, c'est plein, plein, plein. Le matin c'est supportable, les gens ne sentent pas encore trop mauvais, ne sont pas réveillés et te laissent tranquille. C'est silencieux, moche, la lumière fait mal aux yeux, c'est ni glamour ni super excitant.

Heureusement il y a longtemps que tu as compris que la musique sublime tout. Successivement les strokes, bad religion et blur y passent. Le matin, rien de déprimant surtout. Tu choisis avec mille précautions la dernière chanson avant d'entrer en cours. Tu es intimement persuadée depuis des années que ça va déterminer ta journée, qu'elle a le pouvoir de programmer ton karma, d'apporter chance, amour et bonheur et de changer l'ordre des planètes. Ce matin c'est Trying your Luck, strokes. But, I'll try my luck with you. Ca va mieux que mieux, il fait même beau, tu es la reine du monde, tout t'appartient.

Au moins jusqu'à ce que tu t'endormes pendant la deuxième heure de cours. Etalée sur ton écharpe et ta veste roulée en boule. Il fait chaud, l'écharpe sent fort le sucre, comme les barbapapas, c'est rassurant et écoeurant à la fois, tu as la tête qui tourne. La prof balbutie en anglais au fond. Tu souhaites que ce que l'on dit est vrai, que tu peux dormir et que ton inconscient va subtilement enregistrer tout le cours. La théorie se révélera, comme maintes et maintes fois auparavant, sans succès. En te réveillant tu as la trace rouge du tissu écrasée contre ta joue et des yeux encore plus petits que d'habitude. La reine du monde n'est déjà plus.
Le cours suivant tu le passes dans le flou total. Bien quinze minutes à lire le texte distribué alors que c'est d'une facilité déconcertante. Tu demandes des mots tout bidons à ta voisine qui te regarde avec des yeux bizarres parce qu'elle sait bien que normalement les rôles sont inversés. Si, si, elle te soutient même que plodding ça signifie mou, et toi tu acquiesces connement sans trop écouter et tu écris tout sur ta feuille. Ton cerveau ne fait pas du tout les bonnes connexions et tu utilises les mots à l'envers. On est mardi ou jeudi au fait ?Le garçon à ta droite a des mains incroyablement larges et grandes et nul doute qu’il pourrait te broyer le poignet juste avec deux doigts, et de tête il ressemble un peu à tom cruise ça fait désordre tout ça.. La fille devant toi a un t-shirt orange moche avec une inscription jaune moche "Boogie Power". ‘tain tu as les jackson 5 en tête maintenant, ça fausse tout, le karma, les planètes.

Tu sors de là en te dépêchant de réécouter les strokes. Ca va d'un seul coup beaucoup mieux. D'ailleurs tu n'es même pas sortie du couloir que le cute guy de jap passe par là. Evidemment tes copines super discrètes ont déjà fait des "heee, regarde qui arrive" avant de te rappeler à quel point elles le trouvent moche et qu’est-ce que tu lui trouve à la fin ? C'est inattendu, tu le sais qu'il a cours dans un autre bâtiment à ce moment là. En quelques secondes de pause temporelle necessaire à ce genre de grand moment tu réalises que tu n'es pas coiffée, que tu es blanche comme une morte, que ton lacet gauche est défait, que ce jean n'est pas beau, que tu le regardes venir vers toi, affolée. Même cirque habituel, finalement tu regardes n'importe où ailleurs même en plein dans la peinture crême écaillée du mur vide et moche. Tu te maudis, en ayant bien conscience que lui te regarde, parce qu'il fait ça à chaque fois, ça te fais rougir en un demi dixième de seconde. This is how it works. La fille qui regarde son mur vide et rougit, si c'est pas follement génial ça. No harm, he's armed. Setting off all your alarms

Bref, ce bref interlude te mets tout de même de bonne humeur. Tu as un peu l’impression d’être comme les persos d’anime avec la bouche en V grande ouverte et des yeux plissés de joie. Un sandwich poulet rôti et 50cl de volvic plus tard, tu attends le prochain cours en essayant de faire bronzer tes bras à travers une vitre sale. Tu sais que c'est le moment où tu devrais réviser mais tu ignores encore toute la portée de ce mot. C'est dans ces moments là que toi et tes copines devenez complètement folles, faisant des jeux de mots d'un rien, réécrivant les paroles de chansons, inventant des théories sur n’importe quoi. Tu es particulièrement forte à ce jeu, faire la folle, mais seulement avec les gens qui te connaissent bien. Ca fait toujours énormément chaud au moral, quelques bons souvenirs dans le meilleur des cas et ça te rappelle que tu adores ces filles. Une fois lancé, l'état d'euphorie au sein du groupe peut durer jusqu'au soir. Aujourd'hui c'est le cas.

La dernière heure de cours est d'un intérêt relatif, l'impression que le prof répète la même histoire pour chaque siècle du chapitre. Tu écris un mot sur six en moyenne. Tu t'appliques quand même pour souligner les titres avec des couleurs assorties. Un groupe derrière toi est en train de résumer la dernière saison de friends à l'attention d'une fille qui ne l'a pas vu et qui en réaction sort des "naaaan ?" "quoi ?""terriiiiiible". Ils font ça très mal, résumer. Il y a aussi une fille qui semble te détester depuis le premier jour, elle te fusille des yeux des que tu la croises. Alors que mince y a pas plus amical que toi. Là elle est un peu devant toi et elle se retourne de temps en temps en te lancant des regards style on est dans un western et on est les deux héros ennemis. Tu n’aimes pas les westerns. Tu te dis que tu vas préparer une feuille avec l’inscription "Fuck Off" en gros et lui montrer la prochaine fois qu'elle se tourne. Mais le cours est déjà fini.

Chemin en sens inverse. Tram avec des fou rires tous les dix minutes et les gens qui te regardent comme si c'était vraiment très mal de rire au milieu d'eux. Trèèèèèèèès mal. Tu souris à un garçon brun avec de/deux jolis yeux et tu t’étonnes toi-même. Tu te fais à moitié passer dessus par une poussette pour jumeaux. Ta vie est une aventure aux milles péripéties c'est bien connu. Voiture avec discussion où tu manques d’étrangler une de tes copines qui trouve le voyage de chihiro nul. Tu restez zen. Zen. Zen. Zen. Zen. Ton œil gauche capte un avion qui passe et tu fais un vœu car oui tous les prétextes sont bons.
Arrivée chez toi tu te goinfres en cinq minutes de 6 cookies chocolat pépites et d'un grand bol de lait, tout ça en regardant successivement le clip de TTC, Joey épisode 13 et une interview de Phoenix où ils parlent avec un anglais définitivement trop chou.

Pour faire semblant de travailler, tu vas dans ta chambre. Tu as oublié de rallumer le chauffage après avoir aéré ce matin et il doit faire bien 3°. You, idiot. Tu mets ta veste et tu restes assise comme une conne, immobile dix minutes sur ton lit, au milieu de ta chambre froide, à regarder les posters comme si c’était la première fois, avant de réaliser le pathétique de la situation. Tu lis dix pages du livre de iggy pop, c'est intéressant. Tu as sommeil, tu te glisses dans ton lit avec le lecteur mp3. D'un seul coup tu tombes sur Cherry Blossom Girl. Ca faisait des semaines que ton random ne te l'avait plus fait écouter. Tu ne te souvenais pas que les paroles étaient aussi belles. C’est magique. Tu pourrais presque pleurer mais tu n'es pas vraiment d'humeur triste juste incroyablement fatiguée et congelée. Alors tu t'endors.
Tu te réveilles deux heures plus tard, juste quand le lecteur semble entamer un cycle punk. Tu as incroyablement mal à la tête, au-dessus de la tempe droite. Repas familial avec entre le pain et les spaghettis des remarques effarées sur ton mode de vie et ton teint de jeune déterrée. Ta soeur te fais promettre d'aller voir le prochain Ghibli avec elle, tu réponds biensûr mais quand j'aurai le temps tout en te demandant à toi même quand ce sera. Tu te décides à travailler un peu tu arrêtes vite tu lis tu réécoutes Air tu somnoles tu te rendors vraiment en pensant à des bulles rouges qui explosent.

Quand tu te réveilles tu es dans une forme olympique. Le reste du monde va dormir. Tu fais mourir deux de tes sims et tu marries le troisième à une punkette brune en te demandant si les enfants auront la crête. Tu fais le tour de quelques blogs, y a des trucs neufs et drôles à lire. Tu bois un thé au jasmin tu écoutes death cab et tu …


those people were overjoyed; they took to their boats.
i thought it less like a lake and more like a moat.
the rhythm of my footsteps crossing flood lands to your door have been silenced forever more.
the distance is quite simply much too far for me to row
it seems farther than ever before
oh no.
i need you so much closer
[Death Cab For The Cutie – Transatlanticism]

blondinette @11:35:00 PM


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