:: nice girls don't finish last ::

mardi, juillet 13, 2004

Et pour ces dames, fraisier ou tarte à la crème ? 

Elle a le sourire difficile qu'elle ne partage que quand ça l'arrange, avec parcimonie et diplomatie, une démago' de première, tête à claques toujours. Pourtant, je semble être la seule à le noter. Des dizaines d'infimes défauts que je me fais un plaisir malsain, maladif, compulsif de lister dans mon coin. Elle est potelée, adipeuse plutôt, trop et mal. De la graisse affollée tente effecivement de se faire la malle par dessous-dessus son dos-nu trop bariolé. Je la déteste. Elle est courte sur pattes et doit certainement pas tenir bien longtemps les sprints. Elle a une tête trop grosse, qui dodeline dangereusement comme un bilboquet fureux. Elle a la peau qui brille sur les épaules et elle sent une sale odeur de menthe pas fraîche. Je la hais. Pire que tout, elle n'a aucun goût. Elle aime s'habiller en fausse petite bourgeoise catho et rangée, vêtements basiques juste soulignés par une étiquette, un sigle, un logo qui coûte une semaine de salaire ouvrier. Elle n'aime pas le cinéma, trouve ça ennuyeux, fatiguant, complexe (pov' fille). Musicalement, c'est une catastrophe. Elle ne jure que par la varietoch' kitchy de magasins discount (goûts douteux d' héritage familial) et quelques trucs d'actu choppés sur la FM. C'est pourtant pas dans ma nature de haïr des gens sans raisons, même souvent avec, mais elle, elle le cherche avec une gueule et une attitude pareilles. Je la hais parce qu'elle est là où je suis, qu'elle traîne avec mes amis, qu'elle parle de moi avec eux quand je change de pièce et qu'elle m'ignore dédaigneusement le reste du temps. Le genre de pétasse capable de vous décorer vot' 206 coups de clé sans aucun remords, en se frottant les mains puis en allant se taper sa clope juste devant la caisse. Celle qui collectionne les anciens copains de ses copines et recueille tranquillement leurs confidences ( ça, ça fait mal). Une fille dont on a envie de faire adherer le visage au tapis du billard et de la finir en deux coups de queue dans la nuque. Pensées violentes que je dois garder, ensevelir, réprimer avant le pire. Ce soir, la supporter encore sans un mot, encore un tout petit peu. La saluer sans enthousiasme, ésperer qu'elle ne s'assoie pas près de moi pour ne pas avoir à chercher de sujets de discussion propices. Peut-être que quand je proposerais aux autres de faire un tour "tout les neuf", elle comprendra qu'elle est la dixième personne, la supp', le trop. Brave fille.

blondinette @6:16:00 PM


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